Europe

  • «Quelle heure est-il? Tôt le matin, l'Europe se met en route pour l'école. Elle rapporte ses devoirs à la maison : lutter contre les poussées en arrière par un élan vers une union plus étroite.
    Le devoir sera effectué par les meilleurs élèves, ceux du noyau fondateur.
    Que feront les autres? Ils suivront, un peu à contrecoeur, par le chemin des écoliers.» Dans cet essai inédit, prolongé par quelques textes d'intervention précédemment parues dans la presse, Erri De Luca exprime son attachement à une Europe ouverte et humaniste. Revendiquant son devoir d'ingérence au nom de la mixité des cultures, il nous offre, par ses mises à feu, sa vision d'une communauté humaine au-delà des frontières - telle que la littérature sait l'incarner : «Le remède obligatoire et immunitaire reste la lecture des livres du monde. Je leur dois d'être porteur de citoyennetés variées et de fraternité européenne.»

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  • Dans ce récit personnel cinglant, l'économiste mondialement connu Yanis Varoufakis nous révèle l'agenda caché de l'Europe, à travers le récit de son combat perdu pour la restructuration de la dette grecque. Que s'est-il alors vraiment passé dans les coulisses du pouvoir ? Quels furent les échanges à huis clos entre les hauts responsables européens ? Ils se révèlent la plupart du temps stupéfiants par leur cynisme, leur mauvaise foi et leur duplicité...

    Traduit de l'anglais par Cécile Dutheil de la Rochère avec Abel Gerschenfeld.

  • Depuis l'Antiquité, l'hospitalité est l'une des valeurs traditionnelles de l'Europe. Aujourd'hui, pourtant, devant l'arrivée d'exilés fuyant des conditions de vie insupportables, le continent se mue en forteresse. Une vertu fondatrice de notre humanité est-elle en train de disparaître?
    Pour la première fois, deux philosophes s'emparent de la question de l'hospitalité. Ils associent la réflexion à l'enquête de terrain, défendant le principe d'un «reportage d'idées» qui les mène dans la «jungle» de Calais, à l'aéroport de Tempelhof à Berlin, dans les nombreux camps de réfugiés présents dans toute l'Europe.
    Refusant l'idéalisme comme le cynisme, ils posent les jalons d'un «réalisme de l'hospitalité» : parce qu'elle est une épreuve existentielle pour les hôtes comme pour les arrivants, celle-ci ne peut être que collective, donc politique.

  • «Voici l'histoire d'un meurtre politique de masse.» C'est par ses mots que Timothy Snyder entame le récit de la catastrophe au cours de laquelle, entre 1933 et 1945, 14 millions de civils, principalement des femmes, des enfants et des vieillards, ont été tués par l'Allemagne nazie et l'Union soviétique stalinienne. Tous l'ont été dans un même territoire, que l'auteur appelle les «terres de sang» et qui s'étend de la Pologne centrale à la Russie occidentale en passant par l'Ukraine, la Biélorussie et les pays Baltes.
    Plus de la moitié d'entre eux sont morts de faim. Deux des plus grands massacres de l'histoire - les famines préméditées par Staline, principalement en Ukraine, au début des années 1930, qui ont fait plus de 4 millions de morts, et l'affamement par Hitler de quelque 3 millions et demi de prisonniers de guerre soviétiques, au début des années 1940 - ont été perpétrés ainsi. Tous deux ont précédé l'Holocauste et, selon Timothy Snyder, aident à le comprendre.
    Les victimes des deux régimes ont laissé de nombreuses traces. Tombées après la guerre de l'autre côté du rideau de fer, elles sont restées dans l'oubli pendant plus de soixante ans et ne sont revenues au jour qu'à la faveur de la chute du communisme. Timothy Snyder en offre pour la première fois une synthèse si puissante qu'un nouveau chapitre de l'histoire de l'Europe paraît s'ouvrir avec lui. Ce faisant, il redonne humanité et dignité à ces millions de morts privés de sépultures et comme effacés du souvenir des vivants.
    Par sa démarche novatrice, centrée sur le territoire, son approche globale, la masse de langues mobilisées, de sources dépouillées, l'idée même que les morts ne s'additionnent pas, Timothy Snyder offre ici un grand livre d'histoire en même temps qu'une méditation sur l'écriture de l'histoire.

  • L'Union se construirait en dépassant les identités. On les ferait rentrer, au chausse-pied si nécessaire, dans « Plus d'Europe ». Et ce « dans l'intérêt des peuples ». Cette vision bien-pensante, autoritaire et gorgée de bonnes intentions, a dominé la scène politique pendant des décennies. L'intégration européenne se heurte pourtant, depuis plus de vingt ans, à une résistance croissante, passive ou active. Une résistance qui s'est exprimée lors de divers référendums, et qui a culminé en juin 2016 avec le Brexit, symptôme d'un mal plus large que certains ne veulent pas regarder en face. Avec arrogance, les élites ont condamné le vote britannique comme populiste et aberrant.
    Ne faudrait-il pas, pourtant, que celles-ci se décident à entendre la colère qui gronde et qu'elles acceptent de se réconcilier enfin avec les peuples pour sauver, avec eux, le projet européen ?

  • L'Union européenne traverse une crise existentielle. Des politiques d'austérité imposées au nom de règles économiquement absurdes ont mis les peuples à genoux. Aussi, la défiance envers l'Union est désormais telle que son avenir politique est incertain. C'est pourquoi il est urgent de lui donner un nouveau souffle et avant tout de rompre avec le poison néolibéral.

    Car, face à cette Europe antidémocratique et austéritaire, un seul horizon paraît se profiler, celui du nationalisme. C'est ce qu'illustrent les victoires successives, aux quatre coins de l'Europe, d'une extrême-droite hétérogène mais toujours xénophobe et au fond favorable aux politiques néolibérales. Aussi est-il plus que jamais nécessaire de défendre un autre modèle, qui remettrait au coeur l'idée d'une Europe sociale, démocratique et écologique.
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    Cet ouvrage propose une alternative crédible et une stratégie pour la mettre en oeuvre : la désobéissance aux traités pour refonder l'Europe. Retrouver le chemin d'une politique de solidarité est le seul moyen d'engager les peuples dans la construction d'une véritable communauté politique européenne. La désobéissance ou l'éclatement, telle est désormais l'alternative.

  • Depuis plusieurs années, les forces nationalistes, d'extrême droite et popu- listes connaissent un essor important dans nombre d'États du continent, et cela se traduit de plus en plus fortement dans les urnes. Lors des pro- chaines élections européennes, obtiendront-elles la majorité au Parlement européen ?
    Cette évolution ne doit rien au hasard. Elle s'enracine dans les diverses réalités nationales - historiques, économiques, sociales, politiques, cultu- relles... Mais elle présente aussi beaucoup de points communs. Il s'agit d'abord d'une réaction à la mondialisation néo-libérale et à ses ravages, dans un contexte d'absence d'alternative véritable. Ce rejet se traduit par une opposition à toute forme de supranationalité à laquelle on oppose un repli sur l'État-nation, qui va de pair avec nationalisme, protectionnisme, xénophobie et même racisme. La critique des élites rime avec l'apologie d'un peuple abstrait. La dénonciation de la démocratie débouche souvent sur le culte du chef.
    À force de répéter que « nous ne sommes pas dans les années 1930 », on risquerait de sous-estimer le danger représenté par une victoire des natio- nalistes. Il en va de l'avenir de chaque État concerné, qu'il s'agisse du risque de faillite économique et sociale, des atteintes aux libertés, du refus de l'immigration ou de la régression sociétale. Mais il en va aussi de l'avenir de l'Union européenne. Si la construction de l'Europe mérite d'être trans- formée en profondeur, afin de répondre aux besoins des citoyens et non des grandes multinationales, sa destruction constituerait une catastrophe pour un continent si longtemps en guerre.

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