Agnès Varda

  • Agnès Varda ; Cuba

    Agnès Varda

    Exposition « Varda Cuba » Galerie de photographies : Centre Pompidou, Paris : 11 novembre 2015 - 1er février 2016 .

    Varda Cuba En décembre 1962, deux mois seulement après la crise des missiles, Agnès Varda se rend à Cuba. Elle est alors, comme bon nombre d'intellectuels français, fascinée par cette île et son leader charismatique, et souhaite réaliser un film pour comprendre ce mélange si particulier de socialisme pur, de sensualité et de cha-cha-cha. Afin de conserver sa liberté de mouvement, elle troque la caméra pour l'appareil photo, avec l'idée de filmer ensuite ses photographies réanimées au banc-titre. Bien que n'ayant pas été conçues comme de la photographie d'art, les clichés de Salut les cubains (1964), présentés pour la première fois dans cet ouvrage, sont d'une qualité exceptionnelle. C'est de la street photography sans contrainte. On y retrouve le style à la fois vif mais toujours bienveillant d'Agnès Varda. L'artiste crée avec cette série une tension entre images fixes et images animées qui réside au coeur de son oeuvre. L'ouvrage présente également les archives - canets de notes, croquis, pages de montage - d'Agnès Varda et quatre textes s'attachant à replacer le travail de l'artiste dans son époque (François Hourmant), à décoder les liens entre photographie et cinéma (Valérie Vignaux et Karolina Lewandowska), et à porter un regard sur l'ensemble de son oeuvre (Clément Chéroux).

    Agnès Varda Réalisatrice et photographe, Agnès Varda a grandi à Bruxelles puis à Sète avant de s'installer à Paris pour suivre des études de photographie à l'École des beaux-arts et d'histoire de l'art à l'École du Louvre. Photographe des débuts de Jean Vilar en Avignon, puis de la troupe du TNP et du Théâtre de Chaillot, elle se fait connaître grâce à ses photographies de Gérard Philipe et de Maria Casarès. En 1954, avec des moyens de fortune, elle tourne son premier long métrage de fiction, La Pointe courte, pour lequel elle choisit Alain Resnais comme monteur et deux acteurs du TNP, Silvia Monfort et Philippe Noiret, alors débutants au cinéma. Ce coup d'essai audacieux, mêlant chronique réaliste et étude psychologique, s'inscrit dans la mouvance naissante de la Nouvelle vague. Le succès public suivra en 1961 avec Cléo de 5 à 7 tandis que Le Bonheur décrochera le prix Louis-Delluc en 1965. La réalisatrice s'installe ensuite à Los Angeles où elle fréquente, entre autres, Andy Warhol et Jim Morrison. Elle y tournera notamment Lions love, une fiction hippie. Documentariste, Agnès Varda est aussi le témoin de son époque, évoquant les luttes féministes dans L ' une chante, l'autre pas (1977) ou la condition des sans-abris dans Sans toit ni loi (1985, Lion d'Or à Venise), ou Les glaneurs et la glaneuse (2000) qui a pour cadre la société de consommation. Elle reçoit en 2001 un César d'honneur et la Palme d'or d'honneur à Cannes en 2015 pour l'ensemble de son oeuvre.

  • Ce volume réunit une vingtaine de textes qui mettent en évidence la richesse et la cohérence du cinéma d'Agnès Varda ainsi que ses prolongements. Ils saluent ce parcours unique, d'une liberté jamais démentie. Depuis 1954, avec près de quarante films, Agnès Varda manifeste une liberté créatrice témoignant d'une démarche toujours innovante, d'une volonté d'explorer le cinéma dans toute sa richesse et de lui donner un prolongement par ses récentes installations.

  • « Je voulais tourner La Mélangite à Sète et à Venise, en couleurs et en costumes. '' Tout ça, c'est trop cher, me dit Beauregard, à qui Demy m'avait présentée. Faites un petit film en noir et blanc qui ne coûte pas plus de trente-deux millions''. J'ai immédiatement pensé tourner à Paris et en une journée (économie de voyages et de défraiements, de costumes et de complications).
    J'ai imaginé un personnage marchant dans la ville. J'ai pensé au maître de Jacques le Fataliste. Il est devenu une chanteuse déambulant dans Paris, affolée par la peur du cancer. Souvent accompagnée par sa gouvernante fataliste, Cléo attend le résultat d'une analyse médicale. La peur la réveille.
    '' Tout le monde me veut, personne ne m'aime,'' dit-elle. » « Cléo de 5 à 7 est sorti en février 1962 et Corinne Marchand faisait sensation. La musique de Michel Legrand et la chanson Sans toi touchaient le public. On est tous allés à Cannes. Notre succès à Cannes, vécu avec innocence et émerveillement, a fait connaître le film dans le monde entier et j'ai été invitée partout. » (Agnès Varda) >> La collection G3j / Une leçon de cinéma décode les films du répertoire classique ou classique-contemporain. Déjà parus dans la même collection : 8 ½ de Federico Fellini, The Big Lebowski de E. et J. Coen.

  • Fondamentalement attachée à la ville de Sète, où elle a été réfugiée pendant la guerre avec sa mère et ses quatre frères et soeurs, Agnès Varda ne garde de ces années-là que des souvenirs heureux de vacances et d'insouciance. Après avoir quitté Sète pour s'installer à Paris et y passer le baccalauréat, elle y revient fidèlement pendant 10 années, de juin à octobre, à l'occasion des vacances scolaires. Elle y rencontre alors des pêcheurs, des amis qui lui donnent l'idée de réaliser en 1955 son premier film La Pointe courte. C'est donc tout naturellement que 56 années plus tard, elle répond à l'invitation du Musée Paul Valéry afin de présenter, du 2 décembre 2011 au 22 avril 2012, Y A PAS QUE LA MER, une exposition qui dévoile une facette moins connue de l'univers de la cinéaste, photographe et plasticienne. Si la mer (Les Veuves de Noirmoutier ou encore Les Plages d'Agnès) apparaît comme thème prépondérant dans le travail d'Agnès Varda, d'autres aspects, moins connus, comme celui de la terre, sont à cette occasion abordés. Majoritairement composée d'installations, l'exposition s'emploie à mettre en évidence une préoccupation majeure : celle de la mise en relation et de la confrontation dans l'espace de l'image fixe et de l'image mobile. En témoignent notamment « les portraits à volets vidéo », installations créées pour cette exposition à Sète, comprenant une photographie centrale (image fixe) entourée de deux ou plusieurs vidéos qui lui font écho. Sont également présentées des oeuvres telles que Patatutopia, La Cheminée Patate (photographie dont le format du tirage est fonction du lieu) ou encore Le Tombeau de Zgougou, installation réalisée en hommage au chat de la famille Demy / Varda, et présentée de façon inédite à l'extérieur du musée dans une cabane élaborée pour l'occasion. D'autres installations, telles qu'Ulysse ou encore La Terrasse Corbusier donnent quant à elles à voir des photographies prises à un instant T autour desquelles viennent se greffer une fiction filmée, fantasmée par l'artiste. En effet, de même qu'Agnès Varda s'est souvenue 28 ans plus tard d'une photographie intitulée Ulysse réalisée en 1954 pour en faire un film en 1982, elle s'empare d'une photographie sur la terrasse de la Cité Radieuse du Corbusier réalisée en 1956, à l'occasion d'un reportage : intriguée par cette photographie et se demandant qui sont les personnes qui y figurent, elle imagine un scénario et réalise un film. Des photographies / autoportraits sont également présentés parmi lesquelles figurent notamment Lames brisées, qui représente un autoportrait de l'artiste aux multiples facettes. Une installation inédite composée de trois pièces, appartenant à la série des Portraits à volets vidéo, intitulée Le Pêcheur est également présentée dans les espaces du musée. Cette exposition, fruit de la synthèse de la carrière d'Agnès Varda, réunit en son sein tant l'univers cinématographique que photographique de l'artiste.

  • La revue 303 consacre un dossier à Agnès Varda, à l'occasion de son exposition sur lîle de Noirmoutier à la Fondation Cartier. Les nombreuses illustrations permettent de retracer le parcours de cette femme atypique, du cinéma à son passage à l'art contemporain.

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